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Wiki de travail
CHARLEVILLE
| Le ProjetLes trous dans l'espace - Qu’est-ce qu’aller "ailleurs" aujourd’hui ?1870 - 91, Arthur Rimbaud est pressé d’aller "ailleurs". Il y va. Et puis encore plus loin... Les prémices de l’accélération moderne se font nettement sentir (Chemin de fer, télégraphe). 1980, l’accélération a pris un tour exponentiel. Deux artistes américains Kit Galloway et Sherrie Rabinowitz, installent un « Hole in Space » entre le Lincoln Center à New-York et le centre commercial Century City à Los Angeles. Sans prévenir personne, les deux lieux publics sont reliés en direct (son et image) par satellite pendant 3 jours. Passé le stade de l’incrédulité, la foule se presse de part et d’autre. Des conversations se nouent. Des rendez-vous sont donnés. Le succès et la renommée sont immédiats. « Hole in Space » marque l’histoire de l’art à jamais. 2007, l’accélération n’en finit pas. L’expérience "Hole in Space" n’a jamais été rééditée avec la même pureté de dispositif, en dépit de son succès passé et de nombreuses velléités politiques (ponts entre villes jumelées) ou commerciales (ponts entre aéroports, par exemple). Cela n’est pas un hasard, la situation de communication "Hole in Space" dans l’espace public pose toujours des questions fondamentales, encore irrésolues. Sur le modèle des "holes in space" de Kit Galloway et Sherrie Rabinowitz, nous proposons d’installer des « trous dans l’espace » entre Charleville et neuf villes visitées par le poète explorateur... Les « trous dans l’espace » reportent à nouveau ce leg questionnant fait par Arthur Rimbaud à sa Ville : "qu’est-ce qu'aller ailleurs aujourd’hui?", qu’il s’agisse d’un ailleurs physique ou poétique ? Les "trous dans l’espace" ouvrent ainsi la ville très largement sur le monde. Ils trouvent une actualisation dans la " Maison des ailleurs" (répétiteurs) et tissent un réseau entre elle et la ville, et entre la ville et la planète. Dans le cas des liaisons Charleville-Harar (Ethiopie) Charleville-Aden (Yemen), la question est particulièrement criante : comment des lieux et des populations aussi divers peuvent être mis en présence, sans aucune médiation ? C’est à Charleville que l’on inventera peu à peu des réponses. Et l’on pourra dire : "venez à Charleville, et vous serez ailleurs" Les trous dans l’espace sont disséminés dans la ville et ponctuent le parcours Rimbaud. Ils prennent la forme de "plaques commémoratives" équipées d’un écran plat. Une caméra et un micro captent les passants dans leur contexte, d’un côté. L’écran et les haut-parleurs les restituent de l’autre, et réciproquement. L’image est visible à travers une découpe calquée sur le fameux portrait de Rimbaud par Carjat. La plaque porte la simple inscription : "Arthur Rimbaud est passé par là". Charge est laissée aux passants, de part de d'autre de découvrir "où?". On trouve donc une plaque similaire dans chacune des villes Rimbaldiennes qui accepteront de jouer le jeux, à proximité des lieux fréquentés par Rimbaud. La mise en place des "trous dans l’espace" à Charleville implique un travail en commun avec de nombreuses composantes de la cité. De même, l’implantation des plaques dans d’autres villes nécessite de s’appuyer sur des réseau existants variés : représentations françaises à l’étranger, et réseaux rimbaldiens divers dont l’initiative des "trous dans l’espace" peut contribuer à resserrer les liens, les villes elles-mêmes qui reçoivent ces plaques en présent, enfin et surtout les populations...
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